Crédits photographiques : Marcelino Truong

            En ce mois de septembre 2020, les Cahiers du Nem publient un dossier sur l’écrivain vietnamien Nguyễn Huy Thiệp, l’une des figures les plus emblématiques de la littérature au lendemain du Đổi Mới, l’ouverture économique lancée en 1986.

Pourquoi Thiệp ?

Son œuvre est publiée presque intégralement aux éditions de l’Aube, mais hors des milieux universitaires intéressés par le Viêt Nam et de la diaspora, elle demeure relativement peu lue. Nous sommes pour notre part convaincus qu’il est un grand écrivain qui gagnerait à être davantage connu en France et dans le monde. Ses nouvelles ont pour décor le Viêt Nam, bien sûr. Mais sans doute la finesse de celles-ci et les conclusions que l’auteur leur apporte, jamais définitives du point de vue moral, nous renseignent-elles sur la complexité de l’humanité toute entière.

Henri Copin nous le dit avec son article qui ouvre le dossier : relire la nouvelle « Le général sans étoile » trente ans plus tard, celle qui avait fait scandale à sa parution pour le tableau cru de la société vietnamienne qui y était proposé, c’est avoir l’impression de retrouver un vieil ami, quelqu’un dont on est frappé par la justesse et l’implacabilité du jugement.

Le peintre et auteur de romans graphiques Marcelino Truong a rencontré Nguyễn Huy Thiệp à plusieurs reprises, dans les années 1990 et les années 2000, notamment parce qu’il illustrait les couvertures de ses livres en français. Le portrait qu’il propose de lui n’a rien de figé : ce n’est pas une photo en papier glacé dans un magazine d’un écrivain posant devant sa bibliothèque, la pipe au bec. Au contraire, sous la plume et sous le pinceau de Marcelino Truong, on perçoit un homme vivant et passionné, capable de travailler avec ses mains aussi bien qu’avec sa tête.

Le pan le moins connu de l’œuvre de Thiệp est sans doute son théâtre. Dans ses pièces sont pourtant abordés des thèmes cruciaux. Louis Raymond se propose d’explorer le lien entre théâtre et politique au Viêt Nam à partir de la pièce « Une petite source douce et tranquille », en tâchant de montrer à quel point, sur scène ou dans les coulisses, tout est toujours affaire d’apparences.

Enfin, c’est à table que nous terminerons. Quiconque a vécu à Hanoï dans les années 1990 et 2000 a entendu parler du restaurant que le célèbre auteur tenait, de l’autre côté du Fleuve Rouge, dans le quartier Gia Lâm. Le journaliste Franck Renaud, qui a vécu 14 ans au Viêt Nam, y a mangé quelques fois. Il nous fait part de ses souvenirs gastronomiques.

Pour les Cahiers du Nem, c’est une première : un dossier de fond sur un auteur, avec des illustrations inédites. Ce ne sera néanmoins pas une dernière : notre revue a vocation à faire que l’on s’intéresse à l’Asie, à ses cultures et aux diasporas dans toute leur richesse et toute leur complexité. Nous continuerons d’écrire sur la littérature, la musique, la cuisine, l’histoire ou les arts d’Asie orientale, tout en gardant notre exigence quant à la qualité et en nous tenant toujours loin des clichés.

Articles du dossier
Trésor, piécettes, baguettes d’encens – Lire aujourd’hui Un général à la retraite de Nguyên Huy Thiêp par Henri Copin

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