la guerre sino-vietnamienne

L’année 2014 fut marquée par le souvenir d’un évènement passé sous un silence sans doute un peu gêné de la part de ses protagonistes tant la question demeure aujourd’hui encore sensible : le 35ème anniversaire de la guerre sino-vietnamienne appelée aussi Troisième Guerre d’Indochine.

En effet, il y a 35 ans, du 17 février au 16 mars 1979 , la république populaire de chine lança une offensive sur la frontière nord de son ancien allié vietnamien.

Un char de L’Armée Populaire de Libération de la Chine mis hors de combat par les vietnamiens

Quelles en furent les origines?

De l’encerclement de la chine…

A la fin des années 70, la République Populaire de Chine se sent menacée.Pas par l’amérique avec laquelle elle a noué une quasi alliance en 1973 mais par ses alliés traditionnels du bloc communiste.

Pekin voit ainsi le spectre d’un encerclement se profiler : au nord par une URSS devenue hostile avec laquelle une rupture a été consommée pour des motifs idéologiques et territoriaux.Au sud, par le vietnam communiste réunifié depuis 1975 qui a contracté une alliance justement avec l’ennemi soviétique.C’est à l’encontre du Vietnam que la chine entreprend d’agir militairement : car à la problématique sécuritaire posée par l’alliance vietnamo-soviétique s’ajoutent contre le vietnam des prétentions territoriales issues de la tradition impériale chinoise datant d’avant la révolution communiste de 1949.

A map depicting likely Soviet strategic and operational routes in the Western theater of military operations.

« A map depicting likely Soviet strategic and operational routes in the Far east theater of military operations. Departement of Defense ». En 1979, une invasion conjointe de la Chine Populaire  des Etats-Unis et du Japon par l’URSS était un scénario envisagé.

….à la tentation impériale

En effet, c’est dans ce contexte que dans les relations de la Chine avec son proche voisinage, s’est substitué à la logique de solidarité entre pays du bloc socialiste une perspective nationaliste ,qu’on pourrait même qualifier de « tentation impériale » selon l’expression de François Joyaux : une constante dans la politique extérieure de Pekin est son ambition de rétablir l’influence chinoise sur tout territoire jadis soumis à la dépendance de l’empire de la dynastie Qing.

En premier lieu, la Chine populaire réclame ainsi la révocation des dispositions du Traité de Tianjin qui avait établi à la suite de la guerre sino-française les frontières terrestres et maritimes du vietnam en faveur de ce dernier.

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Battle hymn of the Xisha (Paracel) Islands
Publisher: Renmin meishu chubanshe (人民美术出版社)

C’est ainsi que pour la domination de la mer de chine méridionale (ou de l’est comme la dénomme les vietnamiens) qu’une première confrontation survient  durant la guerre du Vietnam.  Le 19/01/1974, le sud-Vietnam et la république populaire de chine en viennent à s’affronter militairement pour le contrôle des îles paracels,appelée Hoàng Sa par les vietnamiens  et Xīshā  par la chine.

Tử sĩ Việt Nam 1974

Marins sud-vietnamiens tombés lors de la bataille des Paracels. La commémoration de la bataille des Paracels fut longtemps censurée au Vietnam.

La marine chinoise parvient à s’emparer des Paracels au terme d’une bataille navale qui causa près de 70 morts et 16 blessés parmi la flotte sud vietnamienne et 18 morts du côté chinois. Après la chute de saigon, le vietnam communiste réunifié reprit à son compte les revendications sud-vietnamiennes sur cet archipel et le contentieux perdure jusqu’à ce jour.

 

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En second lieu,pour la chine  l’asie du sud-est constitue un pré carré traditionnel aux “marches de l’empire” qu’il convient absolument de contrôler et que le Vietnam menace par sa volonté d’imposer son hégémonie aux pays de la région ,en particulier sur le cambodge.  Car la question cambodgienne au sein du conflit sino-vietnamien de 1979 s’inscrit plus largement dans la longue lutte historique qui opposa le vietnam et la chine pour le contrôle de ce pays,entre le” Grand Hégemonisme” chinois  qui vise le rétablissement de l’ordre mondial sino-centré traditionnel au “Petit Hégémonisme” vietnamien qui recherche l’établissement d’un Grand Vietnam dans la péninsule indochinoise.

Enfin, à la colère envers l’expansionnisme de son voisin se joignait aussi pour Pekin la volonté de punir l’ingratitude d’un allié qui s’était montré peu reconnaissant  envers la République Populaire de Chine ,en particulier par rapport au support important procuré durant les deux guerres d’Indochine : » We had dispactched more than 100000 troops and executives to the Vietnam War. We had provided 20 billions dollars in economics and military aid. More than 10000 of our soldiers were killed in action this a historical fact. »déclara Hu Yao Bang secretaire général du Parti lors d’une discussion avec Honnecker le dirigeant de l’allemagne de l’est.

Le cambodge, enjeu au centre de la dispute sino-vietnamienne

C’est pour contrer l’expansion vietnamienne en asie du sud-est ,que Pekin se met d’abord à soutenir fermement le régime génocidaire des Khmers rouges, en lui procurant armes, soutien financier et conseillers militaires. Ensuite, la chine encourage le régime de Polpot dans sa politique d’agression envers le vietnam : les khmers rouges forts du soutien de Pekin lancent ainsi une série d’incursions en territoire vietnamien , chaque fois en commettant de nombreux massacres de civils.(cf When the Khmer Rouge came to kill in Vietnam ;New York Times) La tension avec la Chine monte aussi au nord du Vietnam on compte 1100 incidents frontaliers lors de l’année 1978.

Ba Chuc Killing Fields A desolate place just south of the border with Cambodia. On April 18, 1978 the Khmer Rouge entered Ba Chuc. Of the residents, 3,157 civilians were killed, only two survived the massacre. The attack was one of the events that prompted the Vietnamese invasion of Cambodia.

Ba Chuc Killing Fields A desolate place just south of the border with Cambodia. On April 18, 1978 the Khmer Rouge entered Ba Chuc. Of the residents, 3,157 civilians were killed, only two survived the massacre. The attack was one of the events that prompted the Vietnamese invasion of Cambodia.

En réponse à ces attaques, le Vietnam lance une contre-offensive éclair sur le Cambodge fin 1978 et en deux semaines les khmers rouges sont chassés de phnom penh. Commencera alors une longue et coûteuse campagne de pacification du Cambodge par l’APV où dans un rôle inversé par rapport à la guerre américaine, le Vietnam passera pour une puissance impérialiste et quasi colonisatrice de son voisin aux yeux du monde.

Pour la république populaire de chine, humiliée de voir son allié si facilement renversé c’en est trop.Deng Xiaoping déclare en des termes peu diplomatiques en janvier 1979 « It’s time to smack the bottom of unruly little children ».Deng usera d’un vocabulaire encore plus dur envers le vietnam  lorsqu’il  le surnommera  devant un dirigeant étranger de wangbadan qui peut être traduit « oeuf de tortues  » ou « fils de pute »! Il convient donc de donner une leçon à ce Vietnam si indiscipliné par le biais d’une offensive militaire limitée.

L’utilisation d’une terminologie punitive  peut être surprenante au XXème siècle pour une diplomatie moderne telle que l’est celle de la République Populaire de Chine. Mais au regard de la l’histoire de la chine pré-moderne et de ses relations avec son proche voisinage, une telle attitude révèle une certaine continuité avec la tradition impériale. Déjà au temps de la chine dynastique les souverains impériaux avaient pour coutume de  punir par des expéditions militaires le Vietnam lorsque ce dernier devenait récalcitrant au pouvoir de Pekin.

C »est ainsi que parmi la longue série d’invasions étrangères qui ravageront le vietnam ,11 conflits sur 15  seront initiés par la chine impériale. Les relations entre la chine et le vietnam durant l’histoire furent marqués par un rapport de vassalité ambigu: si le vietnam fut un état tributaire et la Chine son référent civilisationnel, ses dirigeants essayeront  d’établir des rapports entre égaux avec l’empire du milieu refusant de pratiquer par exemple  le kowtow pour rendre hommage à l’empereur  lors du versement du tribu annuel. Il s’agissait pour les vietnamiens de gérer avec équilibre la relation de vassalité à l’empire du Milieu, en garantissant l’indépendance de fait  du pays tout en évitant l’affrontement frontal avec le grand voisin du Nord. Quand ce  fragile équilibre était rompu, les deux parties devaient se résoudre au conflit armé et la guerre de 1979 peut se comprendre dans ce sens.

L’offensive de 1979

L’objectif stratégique de Pekin est de soulager ce qui reste de l’armée des khmers rouges, en forçant le Vietnam à retirer ses troupes du Cambodge pour les diriger vers sa frontière du nord , attirant ainsi les soldats vietnamiens dans le « hachoir » que prépare l’armée populaire de chine.

Cependant, si le but de l’offensive chinoise est bien de venir en aide à l’allié cambodgien, pékin affichera un tout autre prétexte pour justifier son attaque : le casus belli chinois de cette guerre ,c’est le mauvais traitement fait par le Vietnam à sa minorité d’origine chinoise. Si en effet, la fin des années 70 voit l’exode des boat people s’amplifier et toucher particulièrement les chinois du Vietnam, l’argument apporté par la chine est sans doute teinté d’un certain cynisme : loin d’être le garant de la sécurité des communautés chinoises d’outre-mer,Pekin n’avait pas empêché l’extermination par ses alliés khmers rouges de plus de la moitié de la population de la minorité chinoise cambodgienne et ce malgré la présence d’environ 10000 conseillers de l’Armée Populaire de Libération(APL) de la chine sur place.

Les forces en présences : Employer le couteau du boucher pour tuer le poulet

Le nombre de soldats engagés sur le terrain par la République Populaire de  Chine et la République Socialiste du Vietnam est proportionnel à la taille de la population de ces pays, reflétant l’énorme disparité des moyens démographiques à disposition des belligérants. En 1979, l’Armée Populaire du Vietnam (APV) organise la défense de la frontière nord du pays avec une quinzaine de régiment de combat,  soit environ 50000 hommes complétés d’un nombre important de miliciens.

L’APL quant à elle mobilise près d’une centaine de régiment totalisant environ 450000 hommes. Sur les champs de bataille de cette guerre, le ratio entre les deux armées est généralement d’au moins 6 combattants chinois pour 1 vietnamien. Dans certaines zones de combat comme celle de Lang Son, la balance des forces dépasse même les 10 contre 1 en faveur de la Chine. Les forces aériennes sont aussi préparées à être engagées si nécessaires et comptabilisent 18 régiments aériens plus 6 groupes de combat en appui aux troupes au sol.(pour éviter l’escalade leur emploi sera confiné au territoire chinois). Une telle accumulation de moyens est conforme à la doctrine chinoise du  niudao shaji (qui signifie prosaïquement utiliser un couteau de boucher pour tuer un poulet).

Selon la tradition opérationnelle de l’APL il s’agit  d’ assurer la victoire en concentrant des moyens militaires d’un supériorité absolue contre l’ennemi qui devront  être engagés selon trois principes :

  • viser les points vitaux de la défense de l’ennemi en évitant les points forts;
  • employer une force et une puissance de feu écrasante pour réduire les défenses ennemies aux points d’engagement;
  • attaquer le plus rapidement possible  en profondeur dans le dispositif pour atteindre l’ennemi au coeur;

L’effet recherché étant de pouvoir couper en pièces la défense de l’adversaire, briser sa résistance avec pour résultat d’annihiler les forces  vitales de l’ennemi (yousheng liliang).

Enfin,  la supériorité de l’APL sur L’APV n’est pas seulement que numérique . Elle se traduit aussi par un différentiel important dans l’équipement dont ont été dotés les soldats de ces deux armées : un bataillon vietnamien n’est en effet équipé que de 60% du nombre de fusil AK-47 attribué à un bataillon chinois. A formation égale,la puissance de feu d’un bataillon vietnamien dépasse à peine  la moitié  de celle produite par leurs homologues de l’APL.

Cependant qualitativement, l’arsenal vietnamien reste technologiquement comparable à celui des forces chinoises, le Vietnam ayant bénéficié de livraisons importantes de matériel de la part de l’URSS.  Très inférieurs en nombre et même quantitativement en armes face à la Chine, les Vietnamiens sauront pourtant pallier ces déficiences par leur connaissance du terrain et la pertinence de leurs tactiques employées sur celui-ci.

L’attaque chinoise

février 1979, Vietnam. Les blindés Type 62 de lArmée Populaire de Libération de la Chine pénétrent en territoire vietnamien.

février 1979, Vietnam. Les chars Type 62 de l’Armée Populaire de Libération de la Chine pénétrent en masse en territoire vietnamien.

Le 17 février 1979, l’APL déclenche les hostilités. Dans la première phase de l’attaque deux offensives sont montées contre Cao Bang et Lao Cai afin d’encercler puis détruire deux divisions vietnamiennes tout en lançant une attaque simultanée contre Dong Dang afin de tromper Hanoi sur les objectifs véritables de Pekin. Ensuite les forces du Guanxi devront attaquer Lang son tandis que les camarades du Yunnan essayeront d’engager une division vietnamienne dans la région de Sapa.

L’attaque lancée sur un front près de 900 km  surprend les vietnamiens qui ne pensait pas qu’un » pays frère socialiste » pouvaient les attaquer. Par ailleurs la  multiplicité des attaques sur une zone aussi étendue empêche le haut commandement militaire vietnamien d’identifier les axes principaux de l’offensive. Appuyés par 400  chars Type 59 et des tirs de barrage massifs d’artillerie, les soldats chinois franchissent la frontière en nombre. C’est une véritable vague humaine qui voit un flot ininterrompu de fantassins à pied se précipiter totalement à découvert  vers les positions vietnamiennes à la stupéfaction de leurs défenseurs .

Les soldats vietnamiens occupant la colline 386 dans le secteur de Lang Son en ont fait le récit: « they were surprised to see rank after rank of enemy troops surging toward their positions like a swarm of ant [..] like a massive flood shouting  » Da, da » (hit, hit) as they ran. The sound of bugles and sirens accompanied the charge ».

Malgré leur caractère spectaculaire, les vagues de fantassins ne rencontrent que peu de succès. Car en prévision de l’offensive chinoise,les vietnamiens ont soigneusement préparé leurs défenses et les assauts ennemis viennent se briser sur un formidable réseau de fortifications:  rien que dans le secteur de Lang Son ont été construites près de « 20000 field fortications including sixty kilometers of defensive trenches. Camouflage, minefields and a variety of cleverly placed obstacles made the fortifications even more formidable » explique Edward C.O’Dowd.

Ouvrages et fortifications vietnamiens

Ouvrages et fortifications vietnamiens

La description des combats se déroulant à Quang Ninh illustre l’efficacité de la défense vietnamienne qui parvient à tenir ses positions  avec un nombre pourtant très réduit de soldats malgré la démesure des forces chinoises employées :

Dans le secteur de Quang Ninh, la montagne Cao Ba Lanh est défendue par une seule section de soldats de l’APV(soit environ une douzaine d’homme). Elle réussit d’abord à repousser l’attaque  de deux sections chinoises, puis d’une compagnie entière(plus d’une centaine d’hommes).Le jour suivant c’est près deux bataillons qui se lancent à l’assaut et qui sont également défaits. Ce n’est qu’en engageant un régiment entier (2800 hommes) précédé d’un barrage d’artillerie que l’APL parvient à capturer la montagne au bout de 5 heures de combat et au prix de la perte de 360 hommes.

Les soldats chinois sont particulièrement surpris par l’enlisement de leur l’offensive : ‘that war was incrediby bloody and savage… we never believed it would be like that… We were really upset by the huge costs of the victory. We believed, we really believed, that if we  applied the full force of the PLA that the Vietnamese would be shattered in a matter of hours, that we would be in Hanoi and Haiphong within a day or too » explique un veteran de l’APL.

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De fait, loin d’être annihilées en quelques heures comme l’espérait les généraux de l’APL, les forces vietnamiennes s’opposent avec détermination à la vague chinoise et l’avancée des troupes de Deng Xiaoping est extrêmement lente :

Dans leur offensive pour la capture de Lao Cai , objectif situé pourtant à deux kilomètres  à peine de la frontière chinoise, deux armées chinoises ne progressent que d’un kilomètre en 5 jours face à l’obstruction d’une simple division vietnamienne.

Pour la prise de Cao bang, à une vingtaine de kilomètres de la frontière, il faudra aux 41 ème et 42ème armée (soit environ 80000 hommes) de la région militaire de Guangzhou avec l’appui de plusieurs éléments d’autres armées, près de 10 jours pour déloger la seule 346ème division vietnamienne qui par ailleurs continuera à combattre derrière les lignes ennemies.

A Lang Son, un unique régiment  tient tête également à près de deux armées chinoises pendant une semaine. Un rapport de la 3ème division vietnamienne  témoigne de l’âpreté des combats :  » Each day they [the Chinese] launched seven to ten separate assaults, sometimes using almost an entire division to attack positions held by less than two battalions of our troops… When we crushed one of their regiments they simply sent in a new regiment to take its place. »

En parallèle d’une défense frontale appuyée par un réseau de tranchées et d’abris fortifiés, les troupes de l’APV mènent également des actions de guerilla qui rendent périlleuse toute progression sur le sol vietnamien : « the vietnamese put mines, poisoned and sharpened bamboo stick and booby traps in every conceivable place  » raconte un officier chinois.

Pièges de bambou positionnés par des soldats vietnamiens.

Pièges de bambou positionnés par des soldats vietnamiens.

En réaction à ce harcèlement continu, peu de prisonniers sont faits par les soldats chinois. Le même officier explique ainsi que ses hommes « lost a interest in taking prisoners. They began shooting everyone ». Les vietnamiens n’en furent pas en reste  : »Of course the vietnamese did the same to the PLA soldiers. » Lorsque que vint le temps d’échanger les prisonniers « not many showed up » ;les deux camps avaient usé des mêmes moyens expéditifs envers leurs captifs: vietnamiens comme chinois  » had killed them all » constata l’officier.

La frustration éprouvée par les soldats chinois face à l’importance de leurs pertes, amena certaines unités de l’APL à se compromettre dans les crimes de guerre les plus brutaux: « In the recollection of another soldier, a unit near Lang Son that had lost seven T-59 tanks to a single sniper[une jeune soldate de l’APV]was so frustrated that when they caught their assailant they reacted in a particularly brutal fashion. The tank unit commander ordered her stripped and bound and thrown on the road. He then drove the tank back and forth over the young woman until nothing was there anymore until she was in the ground. The soldiers were so frustrated they just cheered ».

Cette violence de la soldatesque chinoise se déchaîna aussi contre la population civile vietnamienne : »A 1979 Vietnamese « white paper » said the Chinese « massacred civilians, including women, newborn babies and old folk, destroyed villages, churches pagoadas, schools… they killed pillaged and burnt with savagery of medieval hordes combined with the sophisticated methods of modern imperialist armies » rapporte Peter Eng, journaliste à l’AP. Vietnamese village recalls alleged massacre in 1979

C’est ainsi que dans le hameau de Tong Chup dans la commune de Hung Dao, région de Cao Bang ,les soldats de l’APL se seraient rendus coupables d’un massacre de 43 civils, pour la plupart des femmes et des enfants. Ce massacre aurait été perpétré en représailles d’une attaque à la grenade faite par un villageois  Celle ci aurait entraîné la mort de plusieurs soldats chinois déclenchant une réponse particulièrement brutale de leurs camarades. » 37 of the victims died from jagged head wounds, the rest bore knife wounds or gashes in the abdomen. There were 24 women and 19 children [..] the youngest only 8 months.[..] We also found Seven women [..] pregnant. To Thi yen ,36, had four knife wounds in her stomach. Her breasts were slashed off, her genital cut about, and her right leg splintered. »  (Chinese war crimes in Vietnam)

panneau commémoratif du massacre de Tong Chup

panneau commémoratif du massacre de Tong Chup

Face à l’échec de ses assauts frontaux, l’APL change de tactique et divise ses troupes pour les organiser en  bataillons et compagnies de chasse . Il s’agit de mener de difficiles opérations de search and destroy pour réduire les vietnamiens :il faut se battre pour chaque colline , détruire méthodiquement tout tunnel ou ouvrages défensifs retranchés. Peu à peu les forces de l’APL parviennent avec difficultés à pénétrer de 15 à 20 km en territoire vietnamien.

Le 5 mars, Lang Son tombe  aux mains des Chinois. En réalité, les défenseurs vietnamiens se sont retiré au sud de la ville pour renforcer la défense de Hanoi et les troupes chinoises se retrouvent même encerclées dans Lang Son puis durement frappées par le feu ennemi. Mais l’objectif symbolique de la « prise » de Lang Son est rempli sur le papier et permet à Pekin d’affirmer que la route vers la capitale du vietnam est ouverte.Les troupes chinoises quittent alors le vietnam en mettant en oeuvre une politique de la terre brulée, détruisant les infrastructures vietnamiennes au fur et à mesure de leur retrait.

Lang son 1979. Chinese soldiers destroyed railway before their retreat.

Lang son 1979. Chinese destroyed railway before their retreat.

Edward O’Dowd rapporte le témoignage de soldats de l’APL sur ces exactions:  » Before the Chinese withdrew from Lang Son […]they ordered […] to destroy the city. PLA soldiers were appreciative : we took great delight in that -it was our revenge[…] a goodbye kiss to the  Vietnamese, something they could see and always remember us by. The same thing happened to other towns. We do not regret it now, in retrospect. Not one bit. »

Un tankiste de L'Armée Populaire de Chine fait prisonnier par les Vietnamiens à Cao bang

Un tankiste de L’Armée Populaire de Chine fait prisonnier par les Vietnamiens à Cao bang

Si les deux bélligérents proclamèrent leur victoire, il apparaît que la République Populaire de Chine ait bien perdu cette guerre sur le plan militaire: selon Edward C. O’Dowd,les objectifs stratégiques chinois ne furent jamais atteints. Il n’eût pas de retrait significatif de soldats vietnamiens du cambodge et Hanoi n’eut pas même pas à engager ses troupes de réserve pour contrer l’attaque chinoise.(Si les soviétiques recommandèrent bien le déplacement héliporté de 30000 hommes du cambodge pour renforcer la défense du Nord Vietnam, ce conseil ne fut pas appliqué l’APL prenant rapidement l’initiative du retrait)

D’un point vue strictement opérationnel,l’offensive chinoise fut extrêmement mal exécutée par l’APL en témoigne l’importance des pertes en matériels et en hommes : l’Armée Populaire de Liberation de  la Chine perdit entre 21000 et 63000 tués et blessés et près de 400 blindés. Le corps des officiers chinois fut particulièrement touché.Ainsi par exemple, Le 375ème régiment de la 42 ème armée de GuangZhou  dut remplacer près de 82% de ses cadres en quinze jours de combat .Les vietnamiens eux comptabilisèrent entre 20000 et 57000 tués et blessés.

Pour Edward O’Dowd, le diagnostic que l’on peut faire de l’action opérationnelle de l’APL durant la guerre sino-vietnamienne est sans appel- même si individuellement les soldats chinois firent souvent preuve de ténacité et de courage- : »The PLA had failed to fight an effective and efficient campaign. It was ineffective because it’s tactics did not translate into rapid advance and it was inefficient because it lost large numbers of troops to attain small gains ».

La leçon donnée par la chine n’eût donc pas les effets escomptés: »Instead of teaching Hanoi that it had erred in invading Cambodia, the hapless Chinese invasion of 1979 taught Vietnam only that China was weak. » explique Edward O’Dowd.

Par ailleurs, le conflit sino-vietnamien ne prît pas fin à l’arrêt des hostilités de 1979: la République Populaire de Chine continua à pratiquer une stratégie qu’a qualifié Edward C. O’Dowd de « politique de l’artillerie » en engageant le Vietnam dans des escamourches frontalières meurtrières tout au long des années 80 mais avec le même insuccès que celui rencontré lors de la guerre de 1979.

L’incident le plus important de cette période eut lieu à Laoshan en  1984, et ne fut pas loin  de dégénérer de en « seconde leçon » de la Chine au Vietnam.   La bataille de Laoshan mobilisa plusieurs divisions des deux côtés. Cette bataille fut aussi brève que sanglante (plusieurs centaines de morts des deux côtés) mais l’APL ne put pénétrer que de 5 km en territoire vietnamien.

Comment expliquer une telle contre performance de l’APL, armée qui s’était jusqu’alors distinguée par ses remarquables prouesses notamment lors de la guerre civile chinoise  contre l’armée de Tchang Kaï-chek ,lors de la guerre de Corée où elle expulsa de Corée du Nord en un mois les forces des Nations Unies et enfin pendant la guerre sino indienne de 1962 où en deux mois d’offensive elle sortit victorieuse d’un conflit frontalier dans l’Himalaya? Par le bouleversement que fut la Révolution Culturelle pour la Chine et qui n’épargna pas les forces armées.

A cette époque, il fut décrété que l’idéologie du maoïsme devait primer sur l’instruction militaire. En conséquence, le professionnalisme qui caractérisait jusqu’alors les forces armées chinoise déclina au profit du travail politique. Cependant l’idéologie fut de piètre utilité quand l’APL fut confrontée aux dures réalités de la troisième guerre d’Indochine. Victime d’une terrible régression d’un point de vue tactique et opérationnel, l’APL ne sut lancer ses soldats que dans des offensives de masses dénuées de toute intelligence de manœuvre ,les vagues humaines, avec le peu de succès que l’on sait.

Vietnam 1984. Le corps dun soldat chinois.

Vietnam 1984. Le corps d’un soldat chinois.

Victoire sur le champ de bataille, défaite stratégique ?

Une réévaluation de la métrique des résultats de la 3ème guerre Indochine a été réalisée par certains auteurs comme Xiaoming Zhang. Selon cet historien c’est à l’aune des gains géopolitiques récoltés par la RPC qu’il convient de juger ce conflit, plutôt qu’en fonction de la prestation plus que contestable des armées chinoises sur le champ de bataille.

En avril 1979 Hua Guofeng premier ministre de la RPC résuma les résultats de l’offensive de 1979 en une saillie sarcastique envers le rôle de l’union soviétique dans cette guerre : « they did not dare to move. So after all we could still touch the buttocks of the tiger »

En effet sur un plan diplomatique , l’absence de réaction soviétique dans cette guerre révéla la faiblesse de l’alliance russo-vietnamienne. L’URSS ne voulait pas ou ne pouvait pas risquer d’entrer en guerre pour soutenir son allié et ce fut une amère déception pour le Vietnam, le spectre d’une guerre sur deux fronts simultanés russes et vietnamien ne devait jamais se réaliser. Au contraire, la guerre punitive de Pékin permit à la RPC de renforcer sa crédibilité dans sa relation avec les Etats Unis : Washington savait qu’il pourrait désormais compter sur la Chine pour contrebalancer l’Union Soviétique.(Cependant il est à noter que Carter déconseilla pourtant formellement à Deng xiaoping toute action militaire contre le vietnam qui pourrait , en diminuant le crédit pacifiste de la chine populaire, menacer les intérêts américains dans la région.)

Sur un plan militaire, l’attaque de 1979 fut le début d’une guerre d’attrition qui permit de saigner à la longue le Vietnam. En effet pour protéger sa frontière nord, Hanoi dut mobiliser un nombre considérable de troupes, pour un coût social et économique exorbitant. C’est en ce sens que Pékin voulait faire payer au Vietnam sa politique d’expansion au Cambodge. Car la Chine n’espérait pas un retrait immédiat de l’APV de ce pays suite à l’offensive même si ce retrait constituait son objectif à long terme.

C’est sur la base de ces succès que selon Zhang, l’APL qualifia le résultat de cette guerre de victoire « Deeply influenced by mao’s teaching that war is fundamentally a political undertaking, as long as china could claim to be successful in achieving its military and strategic objectives, the PLA would consider the problem resulting from tactical failure as secondary  » Qu’importe les pertes subies sur le champ bataille, la chine post maoïste était prête à payer le prix du sang pour atteindre ses objectifs stratégiques.

Pourtant si ces succès engrangés par Pékin furent conséquents sont ils pour autant suffisants pour statuer la victoire de la RPC comme l’avance Zhang? On pourrait opposer aussi sur un plan géopolitique que l’attaque chinoise ne put briser l’alliance vietnamo-soviétique –au contraire, Hanoi chercha à renforcer encore plus sa dépendance envers Moscou- et que les instruments de coercition de Pekin ne fut jamais assez dissuasifs pour contraindre le Vietnam à un retrait total du Cambodge .

Norodom Sihanouk , roi du Cambodge déclara à ce sujet en 1980 dans une interview au Monde :

« Ni la famine ni la faillite économique ni les « leçons chinoises » ne contraindront, dit-il, les Vietnamiens à quitter le Cambodge car, selon son expérience, les Vietnamiens n’ont pas l’habitude de céder à ceux qui les insultent ou qui les frappent. La seule chance de les « fléchir » est de leur parler le langage de la fraternité et de la courtoisie. »

De fait, le Vietnam ne devait quitter le Cambodge qu’en 1989 soit 9 ans après l’interview de Sihanouk .

Enfin, il semble que l’opération militaire de Pekin eut aussi un impact négatif sur les relations avec les autres pays de l’asie du sud-est. Si en 1979 les pays de l’asean regardaient d’un mauvais oeil l’expansionnisme vietnamien , ils se sentirent finalement tout aussi mal à l’aise -Thailande exceptée- face  à l’intervention armée de l’APL.

Conclusion

En conclusion  ,si la  troisième de guerre d’indochine s’est terminée à la faveur d’un  retrait de l’APV du Cambodge en 1989, ce ne fut sans doute pas le résultat de la stratégie militaire  que portait la Chine envers le Vietnam.

En effet, en premier lieu ce sont plutôt les changements profonds dans le contexte géopolitique de la fin des années 80, à savoir la disparition de l’URSS et donc de l’aide financière apportée par Moscou qui amenèrent le Vietnam à reconsidérer sa présence chez son voisin khmer. Sans le patronage du grand frère soviétique et quasiment ruiné économiquement,  le Vietnam se devait de sortir au plus vite de l’isolement diplomatique dans lequel il avait été plongé par la RPC. La diplomatie  chinoise s’avéra un moyen de coercition plus persuasif que l’action de l’APL sur les champs de bataille du Vietnam.

Car en second lieu ce sont ensuite les succès militaires engrangés au Cambodge par l’APV qui rendirent sans objet la continuité d’une occupation armée du Vietnam de son voisin.  En effet,à la fin des années 80 la guérilla des khmers rouges alliée de Pékin fut définitivement mise en déroute par les armées vietnamiennes.

Ce n’est donc pas la  contrainte militaire chinoise qui a mené le Vietnam à sortir du Cambodge : le retrait des troupes de L’APV a été effectué une fois la menace khmère rouge supprimée, en laissant au Cambodge un régime acquis aux intérêts vietnamiens.

Pourtant, si la  défaite militaire chinoise semble avérée, les gains considérables recueillis  par Pekin sur les plans diplomatiques et stratégiques pourraient indiquer que durant le conflit sino-vietnamien , il n’eût finalement pas de vainqueur ou vaincu clair.   Cette situation pénalisante pour les deux parties poussera finalement le vietnam et la chine au compromis : l’année 1991 vit le plein rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays.

Il est cependant à noter que l’apaisement entre les belligérants fut aussi dicté par un facteur idéologique. Face notamment au soulèvement démocratique de Tiananmen et devant l’effondrement du bloc de l’Est, sauver ce qui restait du camp communiste contre la menace d’un changement de régime devint un impératif et une réconciliation au nom de la solidarité entre pays socialistes fut décidée par Hanoï . (Deng Xiaoping’s Long War :The 1990 Chengdu Meeting Zhang, Xiaoming) Un tournant qui divisa cependant la direction politique vietnamienne, le ministre des affaires étrangères Nguyen Co Thach qualifiant le nouveau rapprochement comme « le début d’une dangereuse et nouvelle ère de domination du Nord. « ( Vietnam : L’éphémère et l’insubmersible: L’Âme des Peuples JC Pomonti)

De fait malgré l’établissement de bons rapports de voisinage  tout au long des années 90 et 2000  entre le Vietnam et la Chine, les relations entre les deux pays semblent apparaître de nouveau problématiques (http://thediplomat.com/tag/vietnam-china-relations/). Mais si l’on doit retenir quelque chose du conflit sino-vietnamien selon l’historienne YU insun  c’est que si une nouvelle fois la situation devait se dégrader « under no circumstance will the vietnamese yield  to Chinese pressure and they will stand equal to China »

Un soldat chinois. Laoshan 1984

Un soldat chinois. Laoshan 1984

Une guerre menée pour la résolution de questions de politique intérieure chinoise ?

30 ans après la fin du conflit, une question taraude encore les vétérans de L’Armée Populaire de Chine :pourquoi ont ils du combattre au Vietnam? Lorsqu’on les interroge, les vétérans chinois  de cette guerre expriment souvent le sentiment d’avoir été sacrifiés  pour le règlement d’une querelle qui secouait à cette époque le monde politique chinois : le passage d’un système maoiste à celui d’une économie « socialiste » de marché incarné par la prise de pouvoir de Deng Xiaoping.

En effet certaines sources avancent que le conflit sino vietnamien  résulterait en fait d’une manoeuvre politique du successeur de  Mao : la guerre sino-vietnamienne aurait donné l’occasion au chef d’état chinois de neutraliser ses rivaux , notamment l’aile gauche maoiste du Parti communiste Chinois , alors que l’armée, plongée dans un conflit difficile, était gardée à distance des questions de politique interieure .

Deng Xiaoping aurait eu ainsi les mains libres pour procéder à l’instauration d’une économie capitaliste à la chinoise fondée sur des principes économiques pourtant contraires au maoïsme. De même les défaillances criantes de l’APL dans cette guerre sino-vietnamienne se révélèrent un prétexte tout trouvé par le « petit timonier » pour justifier  une réforme radicale des forces armées chinoises. Le contrôle du dirigeant suprême chinois sur la troupe s’en trouva d’autant plus consolidé. Ainsi explique Howard W. French   « Chinese soldiers were used as cannon fodder in a cynical political game » (cf Was the War Pointless? China Shows How to Bury It )

Le jeu politique de Deng Xiapong fut ainsi central dans le déclenchement de la guerre. Ainsi que l’explique l’historien Xiaoming Zhang « Whatever the rationale for the war, Deng’s dictatorial leadership style allowed him to dominate Beijing’s decision-making, and therefore the wisdom of his decision to attack Vietnam is still debatable. »

La crise de foi des soldats de l’APL

Les déboires que rencontra l’APL dans cette guerre se traduisirent par une crise de confiance au sein de la troupe.L’idéologie du Maoïsme voire même les institutions du Parti communiste furent remis en cause. Un sentiment de trahison et d’amertume se répandit parmi les soldats de L’APL, y compris parmi les rangs de ceux et celles qui devaient composer l’élite de cette armée.

L’histoire de Xu Meihong est représentative de ce sentiment. Xu intégra l’APL en 1981. Elle rejoignit un groupe d’élite de femmes soldats sélectionnées pour embrasser une brillante carrière dans le renseignement. Loin d’être une dissidente, elle avait été sélectionnée pour profiter du meilleur de ce que pouvait proposer alors la chine des années 80. Témoin de la détérioration de l’APL et du cynisme du leadership de cette armée, elle choisit d’abandonner une carrière qui pourtant semblait prometteuse.

Au début de sa formation ,Xu était mue d’une foi inébranlable envers le Parti “We were young and red and we believed we could do anything.” déclara t-elle. Pourtant quand elle sortie diplômée de L’Institut des Relations International de Nangjing, ses rêves s’étaient évanouis“The longer we served in the PLA, the more our patriotic passion cooled. When we witnessed firsthand the shame machinations and corruption of the gods of our youth – the Communist Party and the PLA – our crisis of faith commenced. »

Xu prit connaissance de la réalité de la guerre par le récit amer des vétérans de la PLA. Un Héros de la campagne de 1979 vint partager son expérience auprès de la classe de XU. Il commença par réciter le discours incarnant la ligne officielle du parti, qui portait aux nues le sens du sacrifice des soldats et la brillance de leurs commandants. Le succès de cette campagne prouvait la supériorité des principes de l’art de la guerre maoïste.

Mais lorsque le vétéran décrivit son expérience personnelle, ce fut une réalité très éloignée de la doctrine officielle du Parti que Xu découvra ‘ In his own account, both sides had killed prisoners and the PLA had destroyed villages. Some of the Chinese soldiers “[had gone] crazy and attacked our own officers.”

L’exposé du discours officiel et son décalage avec le récit non officiel des vétérans provoqua une terrible prise de conscience chez Xu : »The PLA evidently had failed in the conflict with Vietnam and the political work program had proven unworkable, so how could Xu and others like her accept the ideological system that was the basis for the party, the army, and the political work program? » rapporte Edward C. O’Dowd .

Pour en savoir plus

The Sino-Vietnam War-1979: Case Studies in Limited Wars Colonel G.D. Bakshi, VSM

Chinese military strategy in the third Indochina war: the last Maoist war Par Edward C. O’Dowd

La tentation impériale: politique extérieure de la Chine depuis 1949 Par François Joyaux

China’s 1979 War with Vietnam: A Reassessment Xiaoming Zhang

Deng Xiaoping and China’s Decision to go to War with Vietnam Xiaoming Zhang

The sino vietnamese war from the perspective of the historical relation between two countries. Yu Insun Sookmyung Women University

Cet article a été cité par :

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Géopolis : L’expansionnisme chinois en mer de Chine réveille Hanoï

 

 

images1979年中越战争 par Michel Deverge

geolink differend

 

 

 

 

 

Le différend sino-vietnamien en Mer de Chine méridionale Arthur Cabanetos

Impact dans la culture chinoise

Le traitement de ce conflit dans les livres d’histoire du Vietnam et de la RPC suscite aujourd’hui encore passions et controverses.La question du contenu des ouvrages vietnamiens fit même l’objet de protestations diplomatiques au plus haut niveau :   » In 2002 Chinese President Jiang Zemin visited Vietnam. »raconte Edward C o’Dowd  » [..] On february 27 in the midst of his state visit[..] Jiang urged Vietnamese Communist Party general Secretary Nong Duc Manh and President Tran Duc Long to change the wording in Vietnames history textbooks: »

« Jiang counseled the vietnamese to revise their treatment of the Chinese campaign in northern Vietnam in 1979 and to soften accounts of China’s support for the Khmer rouge ». Ce qui explique pourquoi il est aujourd’hui extrêmement difficile de trouver des sources académiques vietnamiennes sur la guerre sino vietnamienne. Les archives vietnamiennes à propos du conflit restent aujourd’hui encore largement inaccessibles.

Mais depuis quelques années en raison du contentieux renouvelé  sur les îles Paracels et Spratly (La Chine accusée de déployer des missiles en mer de Chine méridionale) le tabou semble se lever peu à peu et on évoque maintenant ouvertement le conflit sino-vietnamien dans les médias vietnamiens, bien que les manifestations populaires à propos de l’événement ne soient que très peu tolérées Anti-China Protesters in Hanoi Mark Border War Anniversary.

1979

Infographie du conflit sur vn express : http://vnexpress.net/customize/chien-tranh-viet-trung/

L’historiographie chinoise  quant à  elle a subi aussi une amputation mémorielle assez radicale : le récit de ce conflit peu glorieux pour les armées de Pekin est souvent simplement expurgé des livres chinois .  La guerre sino-vietnamienne n’est abordée que dans l’enseignement supérieur.

Pourtant malgré cette censure, la culture populaire chinoise, notamment le cinéma et la musique patriotique, évoque  dans certaines de ses productions cette guerre occultée.

Le film de Chen Kaige « The Big Parade » fait une allusion à la guerre de 1979. Le traitement du sujet est effectué sous un ton de propagande patriotique , « magnifiant » le sacrifice des soldats chinois au combat (en raison des ordres de la censure en opposition à l’intention première de chen kaige de concevoir un film pacifiste), mais néanmoins « The big parade » donne une certaine mesure d’un syndrome chinois de la guerre du Vietnam et de la violence du conflit sino-vietnamien.

A côté du film de chen kaige, il existe des productions désopilantes, avatars kitsch de rambos chinois, commandos infiltrés en territoire vietnamien.

Ci après une chanson de Xu Liang, vétéran du conflit sino-vietnamien qui perdit une jambe au combat. Il devint un héros national en se produisant en chaise roulante dans de nombreux show télévisuels chinois faisant l’apologie des vertus du sacrifice personnel du soldat. Peu après la fin de la guerre dans le début des années 90, le soldat chanteur sombra dans un oubli complet.

Aujourd’hui complétement désillusionné, il reproche aux leaders chinois  l’inutilité de cette guerre et d’avoir trouvé en le vietnam un ennemi commode en diversion d’un jeu cynique de pouvoir.

Images chinoises sur les affrontements sino-vietnamiens dans les années 80

Le deuil d’une mère d’un soldat de l’armée Populaire de Libération de Chine

Photo series: After 20 Years, Mother Sees Son’s Tomb

From Coffee blog:

This mother, who lives in Chongming county of Kunming city, lost her son, Zhao Zhanying, 20 years ago during the Sino-Vietnamese War. Twenty years later, she saw her son’s tomb for the first time atYunnan Martyr’s cemetery with the help of her son’s comrade in the army. She didn’t have the trip fare. After her only son died, her husband also passed away soon after from grief. The local government gives her only 28 yuan ($4) each month for living expenses. People were surprised to see how poor she was when they saw her home. The 28 yuan is her “compensation” for losing her son.

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source http://chinadigitaltimes.net/2006/10/photo-series-after-20-years-mother-sees-sons-tomb/

Le récit émouvant d’un vétéran chinois  recherchant les restes de son camarade tombé au front.

Sino-Vietnamese War Veteran Finally Finds Friend’s Grave

From NetEase:

Photo Story: Brother, I wait for you on at the border.

In 1979, before heading to the front lines of the Counterattack Against Vietnam In Self-Defense [Sino-Vietnamese War], two new recruits made an agreement: Whoever survives must bring the other’s bones back to China. Thirty years later, as people gradually forget this war, the surviving veterans have embarked upon the difficult journey to find their comrade-in-arms’ remains.

Sino-Vietnamese War veteran Guo Yimin cries on his knees before the gravestone of his comrade-in-arms.

January 15, Guangxi Ningming, Guo Yimin faces Li Baoliang’s grave, no longer able to control his emotions, fallen on the floor crying painfully. This Counterattack Against Vietnam in Self Defense veteran had spent 30 years searching, performing a real-life version of the “Ji Jie Hao” [« Assembly« ] story.

Chinese war veteran Guo Yimin holds a portrait of his old Sino-Vietnamese War buddy

December 24, Henan Jiyuan, Guo Yimin holds comrade-in-arms Li Baoliang’s funeral portrait. 1978 November, Guo Yimin and Li Baoliang entered the military, and were assigned to the same company. Both new recruits, and from the same hometown, the two of them looked after each other, their friendship gradually become thick.

In 1979 March, the Counterattack Against Vietnam in Self Defense broke out, and the two brothers mutually agreed, “No matter who is sacrificed/lost on the battlefield, the one who lives on must bring the other back home”. Not long after, deputy marksman Li Baoliang, while covering the main army’s withdrawal, was injured by artillery, and unfortunately died. Only after withdrawing from the battlefield did Guo Yimin learn that Li Baoliang had been lost. Because of this promise, Li Baoliang began 30 years of searching.

Guo Yimin embracing fellow veterans and making calls searching for clues to the whereabouts of his friend's remains

Beginning in 2009, Old Guo began the search plan he had long prepared—-He hung “Searching for the remains of martyrs” banners on the streets of many cities, as well as got in contact with soldiers and comrade-in-arms who had participated in the war. Through many inquiries and searches, he finally confirmed that the body was near the border of Guangxi Aidian town.

At the beginning of 2010, he embarked on his journey to Guangxi, walking down the road towards finding the remains of his comrade-in-arms. Left photo: Hunan Yueyang, at the bus station, comrade-in-arms and Guo Yimin passionately hug each other. Right photo: January 14, on the train towards Guangxi, Guo Yimin continues calling close-friends late into the night searching for clues.

To save money, Guo Yimin eats the cheapest 'zongzi' on the side of the road

January 16, Guangxi Aidian, with local prices being more expensive, Guo Yimin purchased the cheapest zongzi [he could find] on the side of the road to save on expenses, to be his lunch. To search for relevant clues, he has passed through Xuchang, Wuhan, Changsha, and other places, simultaneously working jobs and searching for people who might know what had happened at the time. And while on this journey, many ex-servicemen and border inhabitants warmly helped Old Guo, providing him clues and donations.

Guo Yimin finally finds the tombstone of his fallen comrade at a 30-year-old martyrs cemetary in Guangxi, China

January 15, Guangxi Ningming, after thirty years, Guo Yimin in a martyrs cemetery finds Li Baoliang’s gravestone for the first time. This is only Li Baoliang’s tomb, his bones are still within Vietnam. Despite the difficulties, Old Guo still wants to honor his promise and bring back his comrade-in-arms’ remains.

Guo Yimin salutes a small memorial for his old war friend, whom he promised to bring his remains back home

January 16, Guangxi Zhilang, after climbing over many thickets, Guo Yimin found the martyrs cemetery from thirty years ago, and upon seeing that his comrade-in-arms’ gravestone had been covered in grass, Old Guo howled and wailed like a child.

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Guo Yimin stands meters away from the Vietnamese border, staring into the distance

January 18, Guangxi Aidian, down this small road in front of Guo Yimin’s eyes, no more than 10 meters is Vietnamese territory. However, due to various reason, Old Guo can only stand there and gaze into the distance.Luckily, in Guangxi Aidian, Guo Yimin met Old Tang who had also been in the Self-Defense Counterattack War. Old Tang’s coordinated efforts have already helped Guo Yimin work out detailed plans, with hopes of helping Guo find Li Baoliang’s remains

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Guo Yimin embraces and cries with another war veteran at the Guangxi martyrs cemetary

2010 January 15, Guangxi Ningming, Guo Yimin at the martyrs tomb coincidentally encounters Du Wenjie who after thirty years has found his older brother’s tombstone for the first time, the two brothers hugging each other and crying. According to China’s official statistics, about 7000 people were killed in action on the Chinese side during the Counterattack Against Vietnam in Self Defense.

Today, the smoke of gunpowder has gradually faded from the memories of the people living on the borders. To the advancing world, they are just ordinary rank and file soldiers, but these martyrs, to their relatives and comrades-in-arms, are still their entire world

Guo Yimin holds a handful of red dirt he dug from the border of China and Vietnam

January 16, Guangxi Aidian, Guo Yimin digs a handful of red earth on the border,  entrusting this reporter to hand it over to Li Baoliang’s family.

source: http://www.chinasmack.com/2010/pictures/sino-vietnamese-war-veteran-finally-finds-friends-grave.html

Cimetière militaire de Vi xuyen, Vietnam

Le cimetière militaire de Vi xuyen est le lieu de sépulture de près de 1600 soldats vietnamiens qui périrent durant les combats pour Laoshan entre 1984 et 1986.

Près de 1600 soldats vietnamiens qui ont peri durant les combats de la guerre sino vietnamienne sont inhumés au Cimetière militaire de Vi xuyen, Vietnam

Mémorial vietnamien de la guerre des frontières

Mémorial vietnamien de la guerre des frontières

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